Comment tourner la page intelligemment après une rupture amoureuse ? « Le deuil blanc » symbolique
- Crochet S
- il y a 2 jours
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On l’appelle le « deuil blanc », le deuil ambigu ou symbolique car l’autre personne n’est pas décédée. Cela risque d’aboutir à un deuil sans fin s’il n’est pas pansé/pensé.
Une rupture amoureuse peut survenir à n’importe quel âge. Quel que soit le motif et le nombre d’années de relation qu’elle vient clore, elle représente pour beaucoup une période critique à traverser. Une partie de soi est toujours dans la relation qui aurait pu continuer.
En tant que psychologue spécialisée dans le travail du deuil, je vous propose quelques pistes pour faciliter ce processus, que vous soyez la personne à l’origine de la décision ou non.
À noter que ces conseils s’appliquent essentiellement dans les situations où les deux partenaires sont en vie et qu'il n'y a pas d'enfant qui « oblige » à rester en contact.

Tourner la page pour celle/celui qui quitte
Même si vous êtes la personne qui décide de mettre fin à la relation, ça n’en reste pas moins une décision difficile à prendre. Un sentiment de culpabilité, voire certains regrets/remords peuvent émerger. Dans ces cas-là, rappelez-vous les raisons qui vous ont conduit à faire ce choix; quitter l’autre peut être une manière de vous respecter et de vous préserver. Mettre un terme à une relation toxique ou violente (verbalement ou physiquement) mais également une relation irrespectueuse ou devenue sans sens et éloignée de vos valeurs est aussi un manque d’alignement pour soi et pour l’autre. Quitter quelqu’un est parfois aussi un service à lui rendre car cela permet à l’autre d’aller vers quelqu’un qui lui est plus adapté.
Il est également essentiel d’être ferme dans votre décision et de l’assumer pleinement afin de permettre à l’autre (comme à vous) d’avancer. Sinon une boucle interne risque de s’amorcer, le cerveau se fige et les ruminations tournent. Dans l’imagerie médicale, le cortex singulaire antérieur s’emballe comme une douleur sans cicatrice.
Évitez à tout prix de rester en contact avec votre partenaire. Il n’y a rien de pire pour nourrir les faux espoirs. Coupez les ponts, que ce soit dans la réalité comme sur les réseaux sociaux, pour que la rupture soit réelle et concrète.
Tourner la page pour celle/celui qui est quitté(e)
La personne quittée passe généralement par d’autres émotions : état de choc, attente et marchandage, sentiment de rejet, tristesse, pensées négatives ou encore perte d’estime de soi. Elle peut être tentée de se lancer rapidement dans une relation “pansement” pour oublier, ce qu’il vaut mieux éviter. Cela ne ferait que repousser le processus de deuil.
Si vous êtes dans cette situation et que vous souhaitez avancer, il va falloir accepter la réalité plutôt que d’espérer que votre partenaire revienne sur sa décision. L’espoir bloque le processus de deuil et vous plonge dans une incertitude constante, très destructrice. Ne gaspillez pas non plus votre énergie à trouver un coupable ou à vous remettre indéfiniment en question. Cela ne fait qu’alimenter des scénarii sans jamais avoir de réponse. À ce propos, demander à votre partenaire les raisons de la rupture peut parfois être utile, car elles ne sont pas forcément liées à vous.
Même si l’idée de rester « amis » est tentante, ce n’est pourtant pas une bonne option. Si des sentiments sont encore partagés, cela risque d’entretenir des malentendus et de nourrir l’illusion d’une reconquête possible.
Pour tous les 2
Ce n’est pas une dépression classique comme un deuil face à un décès car l’absence ne sait pas se ritualiser sans lieu de recueillement. Le corps reste en alerte comme si l’autre pouvait à tout moment réapparaître dans votre vie. Le sommeil est impossible et la fatigue chronique s’installe.
Parler de la situation autour de vous peut aussi s’avérer utile pour tourner la page. Orientez-vous de préférence vers des personnes bienveillantes, qui ne vous jugeront pas, ou vers des professionnels comme des psychologues. Cela peut vous permettre de vous libérer.
On pense aussi souvent qu’il est bon de refouler ses émotions, de rester fort et de garder la tête haute. En réalité, exprimer et extérioriser ce que vous ressentez va vous permettre d’avancer. Vous pouvez d’ailleurs tenir un journal d’émotions si vous sentez que cela vous fait du bien.
Il existe un « pardon amoureux» qui n’est pas oublier ce qu’on a vécu ensemble mais réussir à faire de cette expérience délicate, une force et un levier de changement pour ne pas recommencer ailleurs les erreurs de la relation précédente. Rester dans le déni ne permet pas de dépasser l’incompréhension; on a besoin des réponses honnêtes puis d’être entendu et reconnu dans sa souffrance.
Enfin, pourquoi ne pas utiliser cette période de transition pour faire le point sur votre vie, votre situation et vous fixer de nouveaux objectifs motivants et porteurs de sens ? Utilisez cette période pour vous recentrer sur vous et redécouvrir vos véritables besoins : sortir avec des amis, faire du sport, manger sainement, s’inscrire à des activités, seul(e) ou en groupe, ... Bref, apprenez à « re-aimer la vie » et vous offrir ce que l’autre n’a pas pu/su/voulu vous offrir comme investissement affectif. Ouvrir son champ de vision et s’apercevoir que la Vie est un cadeau en commençant un journal de gratitude, faire du bénévolat, s’immerger dans la nature…
Vous avez du mal à gérer cette rupture et vous souhaitez vous faire aider ? Vous souffrez depuis plusieurs semaines et vous ne constatez aucune amélioration ? Vous êtes dans un état de détresse profond ? Consultez-moi. Vous bénéficierez d’un accompagnement personnalisé dans mon cabinet à Namur, ou en visio.
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